Chroniques de Gaule

Paroles libres de français

Au-delà de la race : que reste-t-il pour faire nation ?

Konstantin Korobov - Bridge

Konstantin Korobov, Bridge, 2024

A-t-il jamais été possible de « faire nation » avec une immigration massive comme celle que nous subissons aujourd'hui : une immigration légale ou presque, promue par les associations, tolérée ou encouragée par les institutions ?

Dans un monde où l’immigration massive redéfinit chaque jour le visage des sociétés occidentales, la question du « vivre-ensemble » ne supporte plus les faux-semblants ni les incantations creuses.

Ce qui nous unit réellement, une fois les tabous levés, se réduit à trois piliers successifs : la race, la religion, puis, en ultime recours, l’impôt. Chacun de ces piliers, confronté à la réalité, démontre pourquoi l’immigration telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui en France et en Europe est non seulement illusoire, mais profondément destructrice.

Race : la couleur qui trahit le mensonge du « tous pareils »

Pendant des décennies, le discours officiel nous a martelé que la race n’existait pas, que la couleur de peau n’était qu’un détail anodin et que seul comptait « l’être humain ». Renaud Camus l’a pourtant formulé avec une lucidité tranchante : nous ne sommes plus autorisés, en tant qu’Européens autochtones, à nous percevoir d’abord par le prisme de la race. Nous avons intériorisé l’interdit.

Mais ce contrat social implicite ne tient que si tous les acteurs le respectent. Or ce n’est manifestement pas le cas. Les populations noires, arabes et asiatiques n’ont jamais renoncé à se reconnaître comme telles. Elles savent instantanément identifier « les leurs ». Les associations militantes – SOS Racisme, les Indigènes de la République et consorts – surfent précisément sur cet interdit à sens unique : l’anathème ne vaut que pour les Blancs. L’idéologie anticolonialiste, anachronique, alimente un esprit de revanche qui rend toute fraternité réelle impossible.

La France s'est longtemps construite sur l'assimilation civique plutôt qu'ethnique. C'est un luxe dont elle pouvait se permettre quand elle était forte, quand la religion dominante était le chritianisme, quand le socle culturel était solide et que les mouvements humains n'étaient pas si conséquents.

Car on se reconnaît d’abord par ce qui saute aux yeux.
La couleur de peau est le signal visuel le plus immédiat, le plus instinctif. Elle crée en une fraction de seconde le sentiment d’être « chez soi » ou « parmi les siens ». Viennent ensuite les cheveux, les traits, la morphologie, la stature. Nier cette réalité biologique première, c’est nier l’évidence sensorielle sur laquelle repose depuis toujours l’instinct de groupe humain.

Konstantin Korobov - Wolfs

Konstantin Korobov, Wolfs, 2020

Religion : quand la foi ne soude plus, mais divise

La chrétienté a été largement vidée de sa substance. Ayant perdu toute force de coercition étatique et sociale, elle n’attire plus la majorité. Elle a connu ses Lumières, Voltaire, la dérision, la sécularisation. La République est désormais laïque, ce qui est très bien.

L’islam, lui, conserve une double emprise : sociale (le groupe surveille chacun) et religieuse (l’apostasie reste un crime majeur). Il n’a pas encore subi son grand moment de désacralisation massive. Quelques voix courageuses – Boualem Sansal, Salman Rushdie – percent çà et là, mais elles restent marginales. Le dogme tient bon.

La religion a de tout temps été un ciment civilisationnel puissant. On était « frère en chrétienté » comme les musulmans sont frères en islam. Cette appartenance pouvait permettre de transcender les différences ethniques : un chrétien Français pouvait se reconnaître dans son frère chrétien d'Arménie.

Mais le lecteur attentif aura remarqué que le conditionnel domine le paragraphe précédent. Toutefois la religion à elle seule n'a jamais permis à seule de « faire nation » — en témoignent les nombreuses guerres de religion qui ont déchiré le monde chrétien aussi bien que le monde musulman.

Avec une religion commune, les conflits ne sont pas rares. Sans religion commune, ils deviennent inévitables.

Et même en imaginant une immigration strictement intra-religieuse, le problème se déplace seulement : lorsque cette immigration provient d’un socle ethnique radicalement différent, elle reproduit exactement les fractures raciales décrites plus haut. Religion ou race : sur le même sol, deux peuples qui ne se reconnaissent pas finissent par s’opposer.

Konstantin Korobov - Pelt

Konstantin Korobov, Pelt, 2024

Culture : l'archipélisation des références culturelles

Pouvait alors rester la culture. Si on ne s'agglomère autour de la race ou de la religion, peut-être pouvait-on encore se retrouver à travers les grandes figures culturelles du pays. Qu'on soit de gauche ou de droite, on pouvait au moins s'entendre sur Rimbaud, Montesquieu ou Rousseau.

Puisque la France est un pays de littérature, tout le monde connaîtra au moins de nom Maupassant, Hugo ou Camus. Mais qui les lira encore, une fois sorti (libéré) du cursus scolaire ?

Les réseaux sociaux favorisent l'émergeance de bulles culturelles. Il n'y a plus qu'une somme infinie d'intérêts de niches, et même au sein de ces niches, des variantes infinies issues des fan fictions les plus diverses.

Ici où là émerge parfois un phénomène massif qui focalise toute l'attention d'une génération. Ce furent Harry Potter, Twilight, Divergente... principalement de la littérature enfantine et adolescente, prisée aussi bien par les générations-cibles les plus évidentes que par les adultes trentenaires et plus en stade régressif.
La seule grande culture populaire qui nous reste tourne autour du plus petit dénominateur commun : des couleurs, des gros BOUM et un vocabulaire terriblement pauvre ; les super-héros américains de chez Marcel et DC ou les pirates et ninjas japonais de One Piece et Naruto. Je me souviens encore du « Cul de l'Amérique » ou du « Trou du cul du diable ». Du très grand cinéma, mon Djadja...

Autrement, chacun est dans son monde. Et s'il y a toujours une soif de communiquer — de SE communiquer —, on ne se retrouve plus que part des poutrelles tendues entre deux sphères et non plus par un socle commun.

Pour les musulmans, l'essentiel de notre littérature est hérétique. Et si un extra-européen peut éventuellement suspendre un moment son incrédulité pour adhérer à l'antienne « nos ancêtres, les gaulois », cet effort aura d'autant moins de nécessité à être fourni qu'il sera davantage entouré de « comme lui » que d'indigènes Blancs.

Konstantin Korobov - Mundus

Konstantin Korobov, Mundus, 2022

L’impôt : dernier fil qui nous retient… et qui casse

Puisque ni la race ni la religion ni la culture ne permettent plus de faire corps, il ne reste qu’un seul ciment concret, le plus détestable, le plus vil, le plus trivial : l’impôt !

C’est lui qui nous agrège matériellement en tant que Français. Nous versons tous, en principe, dans le même pot commun qui finance écoles, hôpitaux, retraites, routes et sécurité.

Si depuis la mondialisation, il y a libre circulation des capitaux, des personnes et de biens, l'impôt, lui capte les ressources d'individus bien définis au sein de territoires bien délimités.

Mais là encore, la mécanique s’inverse. Plus on accueille de populations massivement non-imposables, non-employables ou cantonnées à des emplois faiblement contributifs, plus le fardeau pèse sur le contribuable historique. L'immigration extra-européenne s'empresse de transférer continuellement ses fonds par Western Union, vidant le pays hôte de ses liquidités, de sa sève. Le niveau de vie global s’effondre progressivement jusqu’à rejoindre celui des pays d’origine des migrants.

Les élites Blanches de gauche qui semblent se haïr elles-mêmes vantent les mérites de l'atruisme et de l'humanisme. Mais que serait l’altruisme, poussé dans ses derniers retranchements ? C'est tout simplement celui qui s'offre tout entier, qui donne sa chair à manger pour ne plus rien prendre et tout donner. Voilà le sacrifice ultime, le bout du chemin pour l'altruiste. Sur la forme, c'est très chrétien, mais pas , au fond, si cet amour de l'Autre découle d'une haine de Soi.

Mais une fois mort, qui restera-t-il pour donner et partager ?

Voilà le paradoxe.
Pour pouvoir aider durablement, il faut conserver la part d’égoïsme nécessaire à la préservation de soi-même. Ne pas « se priver des moyens de sa générosité », comme disait le philosophe.

Konstantin Korobov - Agnus, 2022

Konstantin Korobov, Agnus, 2022

Conclusion : la chimère qui tue

Nous devrions pouvoir nous retrouver selon la race, mais le dogme l’interdit. Nous pourrions alors nous rabattre sur la religion, mais elle ne soude plus. La culture est devenue fragmentée. Il ne reste que l’impôt… et même lui se révèle insuffisant, contre-productif, destructeur.

La seule condition d'une créolisation heureuse, c'est l'oubli de tout par tous : oubli de la race, oubli de Dieu, oubli de l'histoire. Nous avons, et depuis longtemps, dépassé ce seuil. Plus d'individus, seulement des akènes de pissenlits poussés par les vents.

L’immigration massive n’est pas — n'a jamais été — une solution pérenne. C’est une chimère mortifère. Elle doit cesser immédiatement et, plus encore, s’inverser. Une rémigration pacifique, administrative, organisée et assumée est devenue la seule politique rationnelle capable de préserver un minimum de cohésion nationale.

Refuser cette évidence, c’est accepter, par inertie ou par lâcheté, la disparition progressive du peuple qui a bâti ce pays. Au-delà des tabous et des belles paroles, la vérité est nue : un pays qui ne choisit plus qui il accueille finit par ne plus être un pays.

Le macro se retrouve dans le micro. Il en va d'un pays et de ses membres comme d'un corps physique. Un apport extérieur modéré est effectivement vital. Un peu de levures, oui. Un peu de pourriture noble, oui. Mais gare à l'indigestion.
Un corps ouvert qui se retrouve rongé par les vers ne peut que s'affaiblir, agoniser et pourrir. Alors seuls l'épée et le feu pourront le sauver. Plus l'on tarde, plus l'ablation sera douloureuse. Nous sommes très en retard, et nous manquons de courage.

Konstantin Korobov - Comet

Konstantin Korobov, Comet, 2013

2026-03-21 Arthur de la RivaudièreThéo Bath


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