Chroniques de Gaule

Paroles libres de français

Pourquoi Zemmour et aucun autre ?

Pourquoi voter Zemmour ?

Pour comprendre mon vote, il faut remonter aux élections précédentes, en 2017.
À l’époque, je votai Mélenchon, pas tellement par conviction, mais simplement pour ne pas donner mon suffrage à l’UMPS qui nous ont tant trahis, et parce que certaines de ses propositions me plaisaient. Ce n’était pas terrible, mais à défaut de mieux, c’était suffisant.
Puis, j’ai fait barrage au second tour, la mort dans l’âme, parce qu’en face, c’était Le Pen et que, dans le doute, « faut quand même pas déconner. » Sans compter que c’était une manière de sanctionner son piteux débat, car qu’on soit favorable ou détracteur de Le Pen, dans l’exercice démocratique, elle n’est rien d’autre qu’une perte de temps, une illusion.

On dit beaucoup de Zemmour qu'il contribue à radicaliser les gens. C’est une erreur. C’est parce que la réalité est radicale que l’on se tourne vers celui qui la décrit le mieux, car alors ses paroles font sens, elles font écho à notre vécu.

Dis moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es

C’est à l’issue des législatives 2017 que j’ai vu l’envers du décor. J’ai découvert la clique autour de Mélenchon, que je pensais être un homme seul ; les Danièle Obono, les Clémentine Autain, toute la bande des Indigènes de la République, et leur idéologie d’une violence qui m’a choqué. J'en suis tombé à la renverse. Moi, homme de gauche, je découvrais soudain toute cette idéologie qui prétend combattre le racisme en désignant l'homme blanc comme coupable de tous les maux, je découvrais les vélléités de revanche d'une période coloniale qui n'avais jamais eu d'existence, dans mon esprit, que le temps de quelques interros au collège. Je ne connaissais rien de tout cela, je n’étais pas encore instruit. Tout à coup, j’entendais des discours qui disaient : « L’homme blanc doit payer. » ou encore « Les Blancs se sont mis hors humanité. » Je découvrais aussi le positionnement pro-palestinien, qui, mécaniquement, met tous les juifs en présomption de culpabilité, par accointance avec Israël, État désigné à la vindicte comme « ségrégationnaire et génocidaire. » Et tout cela gravite précisément autour de l’extrême-gauche, non de l'extrême-droite.

Ainsi donc, les deux traits que, comme tant d'autres, comme vous peut-être, qui me lisez, je n'avais jamais attribués qu'à l'extrême-droite, et me la rendaient odieuse, m'apparaissaient soudain à l’extrême-gauche, comme un monstre révélé par le faisceau d'une lampe-torche. À la différence que ce monstre-là n'était pas traqué et chassé comme il peut légitimement l'être à droite, et avait donc tout loisir de grandir et grossir.

Les porteurs de mauvaises nouvelles sont toujours mal-aimés

Zemmour cite beaucoup Renaud Camus et cela lui est reproché. Il est vrai que la pensée de l'auteur de Plieux infuse de façon perceptible dans les discours du chef de la Reconquête.
Pourquoi des hommes comme Renaud Camus ont trouvé, ces dernières années, une audience de plus en plus forte ? Est-ce que les gens sont si bêtes et si méchants, qu’ils se retrouvent captifs du discours terrible d’un horrible raciste ?
Ou est-ce que la simple contemplation de la réalité permet de leur donner raison ; est-ce que leurs mots, leurs constats, leurs diagnostiques n’y font pas tout simplement écho ? Pour beaucoup, les gens perçoivent et vivent les choses, mais il leur manque les mots pour les décrire. Alors ils se tournent naturellement vers ceux qui les leur donnent.

Renaud Camus a voyagé, c’est un observateur, ce que son visage et ses grands yeux éberlués montrent bien. Il ne répond pas au stéréotype du vieux raciste grincheux qui n'aurait pas bougé de toute sa vie et se méfie de tout ce qui peut avoir un caractère nouveau ou étranger. Dans ses écrits, deux émotions sont absentes : la colère et la haine.
Par contre, deux qualités y sont bien présentes : la curiosité et la sensibilité. Mais pour le voir, encore faut-il l’avoir lu.

Éric Zemmour et Renaud Camus auraient pu causer et écrire tant qu’ils voulaient, ils ne m’auraient jamais convaincu si leurs dires n'avaient été 1000 fois confirmés par mon propre vécu. J’ai vu de mes yeux vu le Grand-Remplacement opérer dans plusieurs villes de mon enfance. J’ai vu les mosquées pousser de terre comme des mauvais champignons, les évangélistes inoffensifs quitter le marché du samedi pour y être remplacés par des radios criants des sourates. J’ai vu changer les vêtements ; les joggings se couvrir d’une djellaba et des petites filles de huit ans être envoyées à l’école voilées jusqu'aux pieds, avec toute la symbolique douteuse que cela suppose. J’ai vu le voisin de ma grand-mère cesser de fêter Noël après qu'un de ses fils soit parti en Syrie.
Ces personnes ne sont pas plus heureuses maintenant qu’elles sont radicalisées qu'autrefois. Qui pourrait être heureux en prenant les couleurs de l’ennemi sur la terre qui pourtant le nourrit ?

Quand les remplaçables règnent

J’ai lu le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Un président ne devrait pas dire ça.
C’est à hurler d’indignation. Tout n’est que calcul politique, récupération d’événements, manipulation sondagière. Ils ne pensent qu’à leur ego ou qu’à faire gagner leurs partis ; juste leur parti, pas les Français. Quand François Hollande ou Nicolas Sarkozy étaient au pouvoir, ils réfléchissaient encore en partisans d'un camp politique, jamais ils n'ont pris assez de hauteur pour vouloir défendre les intérêts des Français ni même les écouter autrement que pour collecter quelques points positifs dans les sondages dont ils sont si gourmands.
Car avec eux c'est toujours ainsi. Quand ils adoptent une idée, ce n’est pas parce qu’ils sont convaincus qu’elle rendra la vie meilleure, mais simplement parce qu’elle peut leur faire grapiller quelques points de popularité. Ils n’ont pas de colonne vertébrale idéologique, voilà pourquoi ces limaces de l’RPS nous écœurent ; ni gauche ni droite, centristes en puissance, interchangeables. Il n’est pas étonnant que des individus remplaçables ne soient pas dérangés par le Grand-Remplacement.

Je suis un homme simple. Depuis tout jeune, j’ai acquis la conviction que les meilleurs chefs sont ceux qui ne désirent pas l’être, ceux sur qui le pouvoir tombe, ceux que le peuple vient chercher pour gouverner. On ne peut pas faire un bon président d’un politicien de carrière, qui n'a jamais vécu que pour l'obtention du pouvoir, sans développer de plus grandes idées derrière.

Vous pouvez avoir l’impression qu’Éric Zemmour se présente à nous ; c’est nous qui sommes venus le chercher, qui le voulons, et c’est parce qu’il l’a compris qu’il y va. Oui, on le veut. On le veut parce que lui est un homme de convictions, lui a vu et voit combien et par quoi ce pays souffre, lui est prêt à se sacrifier en prenant les rênes de la France — et je parle bien de sacrifice, car aucun homme sensé ne verrait les choses autrement. Seuls les fous, les avides de puissance, les egos démesurés peuvent rêver de gouverner un pays complexe de 70 millions d'habitants.
Mais il y en a d’autres qui y vont, non pas parce qu’ils le veulent pour eux-mêmes, mais parce qu’ils savent qu’ils n’ont pas le choix et que leur pays en a besoin. Éric Zemmour prend simplement la place laissée vacante par nos politiciens ineptes et veules : celle de la sincérité, du courage, de la conviction, et d’un amour authentique qui ne joue aucun rôle. Cette place, c’est celle qui a la France au cœur.

Car voici la révélation de cette lettre : ce n’est pas la haine qui nous porte ; mais bel et bien l’amour.

ThéoThéo Bath